ABC de l'Alchimie

Antoine Plussihem


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’alchimie n’est pas le moins du monde modifiée – et en quoi que ce soit – par l’opinion de ceux qui ne la connaisse pas et de ceux qui pensent la connaître… Cette discipline fort ancienne, dont les origines géographiques, historiques et conceptuelles nous sont encore totalement inconnues, est le plus ancien paradigme de la science de la transformation et de l’évolution de ce que nous nommons la matière, et que les Anciens appelaient la substance. Comme toutes les sciences issues de la lointaine Antiquité, celle-ci était fermée, c’est-à-dire codée, afin de na pas servir des intérêts dévoyés et égoïstes, car les Sages de cette époque, grands connaisseurs de l’âme humaine, avaient pris garde de l’entourer d’un langage spécifique – dit Cabale hermétique – afin qu’elle échappe aux ambitieux et aux impies. En effet, tout comme de nos jours, ceux-ci se servent de leur intelligence pervertie pour mimer et singer la vertu, alors que – précisément − il appartient à celle-ci de la diriger… Ces dangereux individus n’ont pas compris que les transmutations de métaux vulgaires en métaux précieux – argent et or – n’étaient pas le but des alchimistes ; ce n’était que le test de validation des propriétés de leur Pierre (vitesse et amplitude de réactions) avant de l’ingérer pour se transmuter eux-mêmes en un or humain : santé, vie multipliée en durée, savoir intuitif complet, capacités médicinales, etc. On sait que l'une des origines probables de ce mot même d'alchimie est de provenance égyptienne : « Comme l'Egypte est une terre noire, aussi foncée que la prunelle de l’œil – écrit Plutarque –, les Egyptiens donnent à cette contrée le nom de "chemia" et la comparent à un cœur » (Isis et Osiris, trad. Mario Meunier), mais G. Daressy put écrire, dans Les noms de l'Egypte (Bulletin de l'Institut d'Egypte, tome IX, fascicule II. 1917. p. 359) que l’hiéroglyphe qui sert à illustrer le terme "kemit" – l’obscure –, exprime aussi "un feu sous la cendre"… Parions que ce feu, encore quelque peu enfoui sous la cendre, ne s’éteindra jamais et, d’une seule étincelle, mettra enfin le feu aux consciences assoiffées de vérité.