La Cathédrale gothique

une Demeure Philosophale 


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ans le monde compagnonnique et traditionnel, on ne méprise jamais qui que ce soit : on regarde celui qui est au dessus de soi comme un Père, son égal comme un Frère, et son subordoné comme un Fils (et cela peut être lu comme une morale chrétienne si l'on veut). Tous les Compagnons savent, par ailleurs, que l'Humanité ne commence dans l'homme qu'avec le désintéressement. Bien qu'aucun code d'honneur ne soit en vigueur, il est dit « Approche-toi de qui t'approche d'autant qu'il s'avance ; ni confiant ni méfiant, mais vigilant et attentif, et aide les déshérités, la veuve et l'orphelin. »

La tâche du Compagnon est de témoigner partout et toujours, tant dans ses œuvres qu'en lui-même, de la  présence et de la primauté de l'Esprit, qui est présent en l'homme complet, son objectif idéal. Il n’est que de voir la somme de travail et de savoir pétrie de spiritualité incluse dans la conception et la réalisation d'une cathédrale, si petite soit-elle : c'est un chef d’œuvre collectif. Quand on sait la place qu'occupent les conflits hiérarchiques dans toutes les sociétés, on ne peut qu'être étonné de la cohésion de l'ensemble au travail :le respect est la base, l'ordre est le moyen, le chef d’œuvre  est le résultat.

Sachant qu'une chaîne se brise par son maillon le plus faible, chacun a à cœur de donner le meilleur de ses compétences et de son habileté, sur lesquels tout le reste des artisans et concepteurs doit pouvoir se reposer. La tradition compagnonnique témoigne ainsi de la valeur de ses principes : les vertus sont les garantes du bon usage de l'intelligence, de l'épanouissement dans un métier, et de l'équilibre social. On concourt ensemble pour le meilleur pour tous et afin de montrer le Bien, le Vrai, le Juste et le Beau…

N'est-ce pas là, pour notre époque, un merveilleux exemple et un solide thème de méditation ? Quand la Sagesse s'adressa à l'Homme, au début des Temps, elle lui dit : « Enferme la Vérité en ton esprit et dans ton cœur, et qu'elle parle par tes œuvres »... c'est pour cela qu'il devint Compagnon. Peut-être parce que savoir-être est mieux que savoir-faire, qui est mieux que savoir...