La Royale Occupation

et sa Divine Récompense

Anonyme


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l est probable que l’on ne trouvera pas de sitôt un écrit philosophique aussi révélateur et si généreux : dans un style quelque peu désuet mais vraiment charmant, comme l’une de ces histoires que nous narraient antan nos grands-parents, l’auteur – resté anonyme, comme c’est si souvent le cas dans ce type littéraire – qui signe Le Roi René, allusion transparente s’il en est – fut probablement un Adepte de la fin du XVIIIème siècle ; il note en quelques pages l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour pouvoir identifier à coup sûr la Matière première, avec quelques recherches et vérifications cependant, et dévoile innocemment les éléments sûrs de la pratique : laver, épurer, laver, cuire, et laver, mais selon les méthodes de la Nature, et non par d’autres… La particularité première de ce bref texte – on eut aimé qu’il continuât – est d’être totalement dépourvu – d’une part – de toute expression de type cabalistique, bien que des analogies et des allusions fusent ici et là, et – d’autre part – de ne faire aucune référence à quelque livre ou auteur que ce soit, et dans quelque contexte que ce soit, ce qui dégage le lecteur du caractère fastidieux de l’approche déjà « alambiquée » du problème alchimique… Il reste que ce texte – que nous avons découvert par hasard sur un marché provençal, et que nous recopiâmes sur son unique exemplaire, faute de pouvoir l’acquérir – n’a pratiquement pas besoin d’appareil explicatif tant il est limpide et franc, ne procédant que dans le vrai et par le vrai mais de façon imagée et allégorique. Sa dernière particularité est d’avoir été écrit deux fois, presqu’à l’identique : une version en prose et une version en vers ; nous les avons évidement conservées telles quelles, ne sachant pas ce qui devait être choisi. Il nous semble cependant – les hermétistes ne laissant rien au hasard, auquel ils ne croient pas – qu’il y a là une indication en rapport avec le verre ou le fer, ou les deux… Gageons que le Lecteur déjà averti n’aura pas trop de peine à confirmer ses recherches antérieures et ses propres trouvailles et intuitions grâce à cet incroyable petit livret aux quelques pages d’or. A l’exemple de son auteur, et donc par charité chrétienne, nous l’engageons à se mettre à la place de chacun des personnages cités dans l’opuscule : ce ne sera ni difficile ni long, car ils ne sont que deux, Soleil et Lune, et si l’un ne dit rien, l’autre est bavard à loisir…

Et si ce bref ouvrage dit peu, il signifie beaucoup ! Que du vrai !