Le Banquet des Sages

Mercure


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ette précieuse matière se cuit au même feu par la même méthode que la Pierre. En peu de temps, on voit passer l'ordre des couleurs. Cet Œuvre excellent s'appelle Elixir. C'est dans ce bel ouvrage qu'on voit les belles et rares merveilles ou le grand miracle de la Nature et la main de Dieu. Après, on n’y voit que rubis, diamants, émeraudes des montagnes escarpées, quelquefois toutes d'or, de diamants, de perles et d'émeraudes. C'est là qu'on voit les pommes du paradis, les coings, citrons, oranges, grenades, pêches et toutes sortes de fruits sortant d'un terroir d'hyacinthes et d'arbres de vie plantés dans le milieu du paradis terrestre pour la santé des nations. » Quand Mercure eut achevé ces leçons, il me montra Apollon et Diane ressuscités, et ces deux luminaires rétablis dans le ciel faisant leurs fonctions ordinaires. Hébé et Iris vinrent m'embrasser, et me dirent que pour l'amour de moi, elles s'étaient mises toutes deux en prison de cristal, où elles gardaient la source divine du paradis terrestre en cultivant ce lieu charmant qu'elles avaient mis en mon pouvoir. Dans cette petite terre solaire où mille rubis brillaient, je pouvais converser avec elles. Alors Mercure me dit : « Quitte le bourbier et la lie des hommes, romps avec le siècle, rappelle souvent à ton esprit la modestie des Sages avec lesquels tu as mangé des viandes divines et bu le nectar à longs traits, songe à la Sagesse qui est ton épouse, doit être ton conseil, ton flambeau et ta lumière. Ne fais rien de bas ni d'indigne d'un chrétien Philosophe, il ne te manquera rien de ce qui est requis à la science. Rends grâces au grand Dieu, Père des Lumières. Aime de tout ton coeur et son fils unique Jésus-Christ et le Saint−Esprit qui les mit ainsi que la glorieuse Vierge Marie dont le sein très pur reçut le Verbe divin, qui parla et tout fut fait. Qui dit : « Et tout sortit du néant. Aime Dieu et tout te réussira, et l'amour de Dieu te transformera en Dieu si tu emploies ce grand trésor dans l'amour de Dieu en partageant avec les pauvres les premiers. » Ce furent là les dernières paroles de Mercure, après que les génies des Sages eurent chanté le Te Deum en musique dans le temple où nous assistâmes dans un silence respectueux. Je me retrouvais dans le lieu où j'étais parti et je rédigeais tout de suite ce mémoire, de peur d'oublier les savantes instructions de Mercure.

LOUANGES À DIEU, AMEN

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