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Le Filet d'Ariadne, pour entrer avec sûreté dans le labyrinthe de la philosophie hermétique

 Heinrich von Batsdorf

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e Filet d’Ariadne pour entrer en sûreté dans le labyrinthe de la Philosophie hermétique, attribué à Heinrich von Batsdorf comme au Nivernais Gaston de Claves, dit Duclo ou Duclos, est un grand classique du XVIIIème siècle. On y sent l’influence de la Maçonnerie naissante, fréquemment mais allusivement invitée, et le pragmatisme réputé américain… Riche en détails et en procédés, Fulcanelli le cite plusieurs fois, tant dans Le Mystère des Cathédrales que dans Les Demeures philosophales, mais laisse planer le doute sur la valeur réelle des apports de cet auteur, notamment en ce qui concerne sa divulgation : en effet, Heinrich von Batsdorf – ou de Claves, Dulco ou Duclos – propose l’antimoine en tant que matière première, or cela est irrémédiablement et incontestablement faux ! Les Philosophes parlent – eux – de leur antimoine, ce qui est tout autre chose, et il y a des raisons – éminentes et réalistes ô combien – pour qu’ils parlent ainsi ! En outre, l’auteur parle des fioles où se font les opérations, et – là encore – semble induire volontairement en erreur ses Lecteurs, assimilant le récipient de verre à une quelconque fiole… Soyons clairs : ce dont il est ici question est non pas l’aspect ou les propriétés d’un matériau, mais sa nature. Comprenne qui peut : c’est largement assez dire ! Eugène Canseliet, dans ses Deux logis alchimiques et dans ses Etudes de symbolisme hermétique, cite Le Filet d’Ariadne, tout comme le Belge Jacques van Lennep… Alors, qu’en conclure ? Que l’auteur, quel qu’il soit, serait un faux Philosophe, et qu’il conviendrait de se défier de ce qu’il avance ? Ou qu’un vrai Philosophe – mais envieux et retors – proposerait son exposé en y laissant de considérables pièges et chausse-trapes, ce qui semble être le cas…

Or ce n’est certainement pas là le style de Gaston de Claves, dont voici le genre des écrits, très net et consistant : « Prenez une part de très bon nitre pur et deux parties de chaux vive, meslez-les bien ensemble en les broyant très subtilement et faites-les calciner par trois heures au fourneau à vent. Puis faites extraction du sel des fèces avec de l'eau commune bien pure ; et coagulez à siccité par évaporation de l'eau, puis cimentez ce sel derechef avec de nouvelle chaux vive et calcinez-le comme la première fois, et faites-en l'extraction de nouveau avec de nouvelle eau chaude, et coagulez le sel en évaporant ; répétez sept fois ce travail ; enfin par ce moyen le nitre sera converti en huile, et ne se coagulera plus ni à chaud ni à froid, mais il demeurera fixe et liquide en forme d'huile, que vous garderez »

Ce n’est pas davantage le style de von Batsdorf, plus grandiloquent… Cet écrit, d’un anonyme très instruit mais retors, méritait d’être réédité…