LA MACHINE, L’AMOUR,

LE HASARD ET LE POUSSIN

par Pierre-Jean Dubois

La parapsychologie, discipline étudiée et enseignée dans de très nombreux pays dans le monde, voit cependant son étude entravée en France par la caste des rationalistes positivistes réductionnistes et autres zététiciens à la mode (appelés globalement ainsi parce qu’ils prétendent réduire le réel à ce que eux et leur science peut en appréhender, et donc selon leur seule opinion, ce qui en fait une idéologie), alors qu’elle est admise depuis près d’un demi-siècle par l’AAAS (Association Américaine pour l’Avancement des Sciences). Aussi est-il bon de rappeler, de temps en temps, à la suite du physicien anglais Lord Kelvin (1824-1907), alias William Thompson, découvreur du zéro absolu, que : « La science est tenue, par l’éternelle loi de l’honneur, à regarder franchement, en face et sans crainte, tout problème qui peut se présenter à elle. »

Qu’on se le dise !

e Dr René P’eoch – au patronyme si bretonnant – ne vous est probablement pas connu. Vous chercheriez en vain son nom dans la liste des Prix Nobel de Médecine, dans les prestigieuses parutions internationales de l’art médical, ou même, dans les média ordinaires : pour tout dire, il est peu probable que son nom passe sous vos yeux, s’inscriveet reste dans l’Histoire… Pourtant, grâce à la simple mise en évidence d’un fait, sa contribution dans le vaste domaine des sciences est presque incommensurable. Mais de quoi s’agit-il ?

*

A la suite des travaux de l’éthologue et Prix Nobel 1973 de Médecine (physiologie) allemand Konrad Lorentz (1905-1989), qui découvrit ce qu’il appela l’empreinte première, c’est-à-dire la faculté innée chez l’animal supérieur (ainsi que chez l’homme) de s’attacher au premier individu mobile (donc simili vivant) rencontré aussitôt après sa naissance, le Dr P’éoch s’intéressa à ce puissant lien d’apparence spontané et se mit à son étude. Connaissant par ailleurs l’existence d’un petit robot roulant à direction aléatoire, se déplaçant donc au hasard − si l’on peut résumer ainsi −, il mit en contact deux entités très différentes : ce petit matériel électromécanique et quelques poussins venant de naître. Ainsi que l’avait observé Lorentz, les poussins se mirent aussitôt à suivre très fidèlement la petite et hasardeuse machine, parente malgré elle des petits gallinacés.

C’est là que cela devient intéressant, étonnant, intelligent et passionnant.

L’ingénieux Dr P’éoch déposa une grande feuille de papier sur une vaste table, où le stylet rivé àla petite machine laissait la trace de ses déplacements sous la forme d’un trait, disposa celle-ci au centre de la feuille, et mit un poussin pris d’une étroite affection pour cette machine distribuant l’aléatoire dans une petite cage de plexiglas occupant un angle de cette table, d’où le petit volatile pouvait voir le petit engin.

Au grand étonnement de l’expérimentateur, la petite machine, au lieu de poursuivre ses déplacements au hasard et par petites étapes comme à l’accoutumée, se rapprocha petit à petit du poussin enfermé et alarmé jusqu’à l’agitation par cette séparation, comme si celui-ci avait le pouvoir d’attirer celle-là… ou celle-ci l’envie de se rapprocher du petit être désespéré (en science, on doit être prudent,sans a priori et parfaitement impartial !).

Etrange comportement… aussi inattendu qu’inexpliqué…

Quelque peu intrigué, le cruel Dr P’éoch recommença patiemment cette tragique expérience avec d’autres malheureux poussins, jusqu’à obtenir   4 000 tracés de la petite machine. L’étude statistique de ceux-ci ne laisse désormais plus de place au hasard et àaucun doute : il se passe quelque chose entre les poussins momentanément sevrésd’affection et la petite machine, qui oblige la plupart du temps celle-ci à sortir du puraléatoire pour se diriger inexorablement vers la boîte où les petits volatiles sevrés d’affection sont enfermés…

*

D’instinct, d’emblée, on se dit que la détresse des poussins produit probablement chez eux une sorte d’attraction, de magnétisme (ça y est,lemotqui fâche estlâché !), capable de dévier la petite machine électronique… et de la diriger vers eux.

Mais cela ne veut absolument rien dire et n’explique rien ! Et en discuter sous ce seul point de vue, c’est faire là de la pseudo science (ce qui n’est pas interdit, mais est éminemment critiquable et à de nombreux points de vue : c’est de plus donner des verges aux zététiciens pour se faire battre les flancs).

Mais que se passe-t-il vraiment ? Comment cela se peut-il ? Autrement dit, sous forme plus scientifique : quelle est la force en jeu dans ce phénomène ? D’où vient-elle ? Comment et pourquoi agit-elle ? Est-elle particulière à certains poussins, à tous les poussins, à ce type de machine, au Dr P’éoch ? La connaît-on déjà ? Qui est-elle ? Comment établir sa nature et ses caractéristiques, c’est-à-dire détecter sa présence, mesurer son intensité, sa variabilité, ses applications et ses performances ?

Serait-elle un signal général de détresse dans le monde des vivants, qui oriente l’environnement quel qu’il soit vers les victimes potentielles ? Bigre ! Serait-elle apparentée à la volonté, telle qu’elle se manifeste dans l’humain ? Serait-ce du désir ? Une prière ?  De l’affection ? De l’amour ?

Et puis, y a-t-il des interfaces entre l’électronique et le psychisme animal ? Lesquelles ? Est-ce lié à la présence de l’électricité ?

Telles sont quelques-unes des centaines de questions extrêmement  importantes que pose cette minuscule mais très étonnante expérience…

*

Il nous semble qu’au delà de ces nombreuses questions, certaines observations peuvent être faites dès à présent, notamment par comparaison avec l’enseignement des Anciens…

En effet, selon ceux-ci, la pensée du cœur, c’est-à-dire non polluée par une pensée cérébrale normalisatrice et fermée, possèderait une capacité de réalisation extrêmement étendue : c’est ce qu’ils appelaient quelquefois, la volonté, qu’ils prétendaient capable « de déplacer les montagnes ».

Cette pensée dénuée de cérébralité – cette volonté – se manifesterait quelquefois au naturel : en cas de grand danger imminent ou dans des situations cruciales, lors de certains réflexes physiologiques (notamment les éternuements et les bâillements), pendant la période d’endormissement ou de réveil, entre veille et inconscience ; dans la petite enfance (lorsqu’elle est encore pure et spontanée), juste au seuil de la mort, etc.

Mais les Anciens l’affirment fermement : on peut la susciter à souhait et librement, et même s’entraîner à sa mise en œuvre… 

C’est elle que l’on trouve à la base de la création naturelle ; comme fondation de l’expression artistique et comme directrice du mouvement ; ceux des Maîtres d’Arts martiaux, des danseurs, des musiciens, etc. où elle est appelée Mouvement pur, Intention sans intention, Désir sans désir, ou encore, Volonté pure

*

Il nous reste, au delà des cinq cents mille questions supplémentaires que suscitent de tels rapprochements, à attirer l’attention sur un aspect directement pratique et utile : ce que semble pouvoir un poussin isolé à peine éclot sur une machine inerte d’un poids dix fois supérieur au sien, l’humain, seul ou en assemblée, ne le pourrait-il pas en des applications choisies et largement supérieures en fruit et potentiels au déplacement d’une petite machine à mouvement aléatoire mue par un poussin ?

Et se pourrait-il qu’il doive un jour impérativement s’en servir pour sa propre survie ?

Il est toujours temps de se poser les bonnes questions…

                                    Pierre-Jean Dubois©pour La Nouvelle Atlantide

 

*****