'Scientifiques' contre 'pseudo-sciences' :

un combat idéologique sans objet …

par Jacques Grimault

 

Parce que des membres de La Nouvelle Atlantide sont parfois pris à parti comme étant occupés à des activités qui relèveraient des 'pseudo sciences', il nous incombe de faire ici une mise au point, de donner un éclaircissement et certaines explications quant à nos préoccupations intellectuelles, culturelles et morales, de leur donner les moyens de se défendre honorablement et avec justesse, et enfin, d'inviter nos détracteurs à manifester une attitude plus mesurée et plus respectueuse envers autrui… et envers la science elle-même.

En ce qui nous concerne, en La Nouvelle Atlantide, la plus brève et la plus exacte définition de ce qu'est la science – sa nature véritable – est due à l'acuité intellectuelle hors du commun et à la pertinence extraordinaire du mathématicien et physicien français Henri Poincaré (1854-1912), initiateur moderne de la théorie de la Relativité, étourdiment 'empruntée' par Albert Einstein (1879-1954)

La voici : « Il n'est de scientifique que le mesurable. »

Nous associons à cette définition, aussi nette, précise et concise que complète, la phrase du physicien anglais Lord Kelvin (William Thompson - 1824-1907, dit…), découvreur du zéro absolu, qui précise par là le caractère, l'étendue morale, déontologique et épistémologique de la recherche scientifique et de ceux qui prétendent la servir : « La science est tenue, par l'éternelle loi de l'honneur, à regarder franchement, en face et sans crainte, tout problème qui peut se présenter à elle. » Heureusement ! Cela eusse pu être pire !

L'astronome et vulgarisateur américain  Carl Sagan (1934-1996) renchérit, mélangeant des vues méthodologiques et qualitatives, disant de la science que : « Sa seule vérité sacrée est qu'il n'y a pas de vérité sacrée : toutes les affirmations doivent être examinées avec un esprit critique ; les arguments d'autorité sont sans valeur ; tout ce qui ne correspond pas aux faits doit être rejeté ou révisé. La science n'est pas parfaite. Elle est souvent mal utilisée. C'est seulement un outil, mais c'est le meilleur outil que nous ayons. »

Nous adhérons parfaitement et complètement aux contenus de ces trois phrases, qui constituent les bases et l'essentiel de l'épistémologie… La vraie ! Et c'est exactement celle de LNA…

Il est désormais d'usage courant d'affubler du mot infamant d''ésotérisme' ou de 'pseudo-science' tout ce qui s'écarte tant soit peu de la voie officielle du savoir, désormais balisée par les puissants et nombreux thuriféraires du 'rationalisme scientifique'.

Celui-ci néanmoins, et bien qu'il le prétende haut et fort en saturant les media au besoin, n'est en aucun cas la science, mais une ridicule et navrante idéologie, souvent braillarde et parfois perverse, en tout cas retardataire, et dont le moindre travers est de trop limiter et déformer la vraie science.

En effet, cette idéologie prétend ramener entièrement le connaissable à la seule méthode dite scientifique, mais vue exclusivement selon les dogmes de ses idéologues.

C'est voir midi à sa porte et se bercer d'illusions !

Confondant la suspicion systématique avec le doute méthodique, les rationalistes réductionnistes pseudo-zététiciens jettent ce faisant leur mépris à la face même du réel, déniant ses possibilités et son langage particulier, qui est la signifiance…

C'est pourquoi, encore de nos jours, l'ésotérisme ne peut être sereinement approché puis étudié par d'authentiques scientifiques, c'est-à-dire par des professionnels de la science dénués d'a priori idéologiques, et celui-ci est donc abandonné à l''amateurisme', ce qui – loin d'être dégradant – lui confère cependant une aura supplémentaire de doute, entretenu – là encore et perfidement – à grand renfort d'articles retors et malveillants par les media contraints : c'est ainsi et à cause de cela seulement que les extraordinaires connaissances de nos Anciens ne sont pas recherchées, et – n'étant pas recherchées – ne sont pas connues, ce qui est pour nous gravissime…

Cet état de fait, notamment dans un pays tel que la France, qui prétend être une terre d'accueil, de tolérance et de liberté de penser et de pensée, n'est pas le moindre paradoxe de cette guerre permanente et vénéneuse, voire onéreuse, que mènent ces propagandistes attardés contre tous les « contrevenants » (qu'ils en sont à taxer de « déviationnistes », de « révisionnistes » et de « négationnistes » !).

Soyons clair ; le rationalisme réductionniste agressif n'est qu'une déplorable résurgence de l'Inquisition, et une lamentable verrue religieuse comme beaucoup d'autres… Mais passons à plus sérieux parce que plus utile et important : qu'est-ce que l'ésotérisme ?

De nombreuses tentatives ont été faites pour circonvenir et expliciter le sens et donner la portée de cette manière particulière de penser le monde.

Certains optent pour une forme de la philosophie, pour un aspect de la religion, voire même pour une partie de la science – ce qui est honnête et courageux – ; d'autres dénient tout intérêt de celui-ci à l'approche rationnelle et scientifique : selon ce point de vue, l'ésotérisme, quel qu'il soit, se résumerait à un ramassis de sornettes et de débilités, de vues infantiles et pré scientifiques, de délires de l'imaginaire ou de l'imagination, et rien de plus ni de mieux…

D'autres vont encore plus loin dans la négation : tout ésotérisme serait anti-scientifique par définition et donc condamnable !

Nous sommes pour notre part en accord avec tous ces points de vue, que nous réputons non-exclusifs les uns des autres, mais pour la simple – et bonne – raison, que ce sont là des tentatives de représentation de l'inexpliqué, approche générique globalisante et généraliste que nous offrons comme définition complète de l'ésotérisme, parce que l'inexpliqué, très largement dominant et depuis les origines dans notre perception de l'Univers, ne saurait – pour quelque raison que ce soit – être évacué de la science ou par la science dont – précisément – il est l'unique objet.

Donc, et contre toute attente, l'ésotérisme et la science sont parfaitement complémentaires et indispensables tant l'une que l'autre que l'une à l'autre, et totalement nécessaires à la lecture du monde : on ne saurait les écarter l'une de l'autre sans se rapprocher de l'erreur, fondamentale en vérité, qui consisterait à retirer sa part d'ombre à la connaissance elle-même et à sa recherche.

Pourquoi l'ésotérisme est-il si nécessaire à la science ? Parce que comme elle, il est inépuisable en étendue et en profondeur, et que son objet premier est de fournir un paradigme explicatif aussi stable, précis et complet que possible de ce qui est visible – et incompréhensible pour autant – lié à ce qui est invisible – censé créer et animer le visible –, ce qui est aussi l'objet de la recherche scientifique, mais à une différence fondamentale près : celle-ci ne produit pas de synthèse ni ne veut y réfléchir.

Pourquoi cela ? Pour des raisons que nous allons ci-après décrire en détail…

De nos jours, les débats autour de l'ésotérisme sont ramenés à un conflit stérile : ici ceux qui savent, là-bas, les autres ; les ignorants ; autant dire les débiles...

Ce camouflet pourrait être supportable si cette catégorie de savant laissait le petit monde des ignorants s'intéresser à ce qu'il veut… Mais tel n'est pas le cas : ils exigent au surplus que l'on croie en toutes leurs sornettes, niaiseries et billevesées qui, si elles expliquent comment faire telle bombe ou tel canon, tel virus ou telle épave humaine, n'aident en aucun cas – et n'aideront jamais – à donner du sens au monde qu'ils contribuent trop généreusement – selon nous – à détruire…

C'est justement et notamment parce que la grande majorité des scientifiques de profession que l'on rencontre sur le terrain de nombreux litiges, notamment à propos de phénomènes réputés incertains – globalement dit : phénomènes parapsychiques, Ovni, médecines autres (homéopathie, par exemple) etc. – ne se conforment pas à ces vues pourtant clairement énoncées plus haut, qu'il nous importe d'éclairer d'entrée la situation qu'ils créent seuls, et d'aller – quels que soient nos moyens – là où ils n'iront pas, là où ils n'iront probablement jamais car ils ne veulent pas y aller.

Et pourquoi ne veulent-ils pas y aller ? Par idéologie !

Et là, leur faute est double : non contents de ne pas vouloir étudier certaines énigmes qui se présentent à eux, ils tentent d'empêcher autrui de s'en approcher et de s'instruire en étudiant ces choses, en se servant notamment de moyens déloyaux tels qu'en particulier l'argument ad hominem et son complément, l'argument d'autorité… utilisés à fond et à chaque occasion dans les media

Cela ne vous rappelle-t-il pas un passage des Evangiles ?

« Ecartez-vous, pharisiens hypocrites… »

Soyons bref, et commençons donc par… la terminologie :

« Non scientifique » signifie qu'une méthodologie, une théorie, une connaissance – ou une croyance – ne relève pas du domaine de la science, telle qu'elle a été définie ci-dessus, et n'a d'ailleurs pas la prétention d'en relever.

Mais ces idéologues, ces orthodoxes, ces extrémistes de la science qui nous accusent d'obscurantisme et d'indigence intellectuelle et culturelle, ne se référant pas à nos critères pourtant toujours affichés, font – sciemment ou non – un amalgame préjudiciable, puisque fortement péjoratif, en confondant délibérément « non scientifique » avec « pseudo-scientifique », termes qui ne sont surtout pas synonymes, l'un étant clair et idoine, l'autre injurieux et obscur : ce faisant, ils révèlent seulement leur turpitude, leur méchanceté ou leur incompréhension, mais aussi leur perfidie.

Pourquoi cela est-il injurieux ? Parce que le préfixe pseudo, étymologiquement issu du grec pseudês, signifie menteur.

Mais peut-être l'ignorent-ils ?

Dans son sens actuel, il signifierait seulement « faux », disent-ils… Pseudo-science étymologique ! Tiens, parlons-en…

Pseudo-science désignerait une connaissance, une discipline culturelle ou une démarche non scientifiques, ayant cependant des prétentions affichées à être scientifique, mais qui ne serait en fait et réalité que mensongère, ce qui est une accusation aussi grave qu'infondée.

Donnons un bref exemple : parle-t-on de science ou de pseudo science musicale, bien qu'une très grande partie de l'étude de la musique repose sur la physique (l'acoustique) et les mathématiques, la mécanique (construction des instruments), la physiologie (audition et dynamique musculo-nerveuse), etc. ? Non, parce que l'objet réel de la musique – sa fin – est le goût musical, appréciation totalement et à jamais subjective, qui recouvre toutes les notions ci-dessus évoquées en les intégrant et les synthétisant dans le travail d'appréciation artistique… lui-même conditionné par un cadre historico-scientifico-culturel entièrement subjectif, et parfois totalement indépendant de la musique elle-même, pour ne pas dire diamétralement opposé ou, au minimum, éloigné…

On ne doit pas non plus faire de confusion avec les pratiques ne prétendant pas utiliser une démarche scientifique ou reposer sur des résultats issus de celle-ci : le mot pseudo-science doit caractériser une démarche spécieuse, visant à tromper en faisant croire qu'on utilise une démarche vraiment scientifique, cela dans le but de s'approprier l'aura de prestige de la science auprès des plus crédules, de rassurer devant une excessive 'nouveauté', mais surtout, la plupart du temps, à faire rentrer l'argent que l'on peut retirer de cette tromperie rampante et ignominieuse : rien d'autre !

Or c'est justement ce que je reproche à ces individus qui, à la suite de la sortie du film documentaire La Révélation des Pyramides, de Patrice Pooyard, et dont je suis l'auteur, s'avancent et, représentants assermentés de la Science, ils envoient leurs excommunications douteuses, dignes descendantes des accusations de l'Inquisition : procès iniques et stupides, vide d'arguments et de sens : stériles…

Prenons un autre exemple ; la médiumnité, très souvent bassement attaquée (« eh oui, Madame Irma ! »), ne prétend pas relever d'une démarche ou d'un savoir scientifique, bien quelle puisse toutefois prétendre absolument à la réalité des phénomènes qu'elle allègue.

A contrario, l'homéopathie se veut une science, à la fois par ses principes énoncés comme des lois de la nature – vérifiables à tous moments par tous – et par la mise en œuvre régulière d'études cliniques visant à démontrer que les remèdes (et non les médicaments) homéopathiques ont des effets non seulement supérieurs à ceux des placebos (et des médicaments allopathiques) mais aussi parfaitement ciblés et donc prédictifs.

Beaucoup de chimistes et de médecins estiment cependant que l'homéopathie est une pseudo-science puisqu'aucune des études cliniques réalisées n'a pu démontrer l'efficacité des traitements proposés (la validité des études cliniques et des analyses concernant les remèdes homéopathiques faisant encore un peu partout en effet l'objet de vives controverses) : ils oublient cependant très consciencieusement de préciser que ces études ont été menées par eux, d'après des protocoles proposés par eux seuls, au mépris et parfois en totale contradiction avec les demandes et recommandations formulées par les tenants d'une recherche libre, et ayant – eux – expérimenté cette pratique avec succès et selon des protocoles clairs et corrects… aux résultats extrêmement nombreux et vérifiables…

Par ailleurs, et toujours selon eux, ses principes de base sont aussi radicalement incompatibles avec le savoir scientifique (cf. la polémique sur les principes de dilution et de succussion en homéopathie) : ils eussent dû préciser – là encore – le savoir scientifique actuel… au minimum, ou mieux ; l'idée qu'ils s'en font !

Ils avancent la plupart du temps qu'il s'agirait non d'un traitement mais d'un conditionnement des malades, une sorte de placebo : soit ! Mais qu'ils expliquent alors pourquoi les soins homéopathiques donnés aux animaux – chiens, chats, chevaux, singes, oiseaux principalement – et aux bébés, sont le plus souvent couronnés de succès... Les animaux seraient-ils suggestibles ? Alors qu'ils le démontrent : ce serait un plaisir de mettre cela à profit, un bel apport vraiment scientifique !

Il nous souvient en passant d'avoir été raillé et insulté méchamment par un médecin, lors d'une conférence que nous donnions sur ce sujet, ce praticien se refusant bruyamment à croire qu'une solution médicamenteuse puisse, quelle qu'elle soit, acquérir la moindre amélioration par le simple fait d'être secouée – ce qui est appelé, en homéopathie, dilution par succussion – : nous lui fîmes aimablement remarquer que la modification qu'il refusait était pourtant nettement perceptible dans une dilution de… nitroglycérine, mais qu'on ne pouvait – dans ce cas précis – n'en faire qu'un seul et unique essai...

 

Un peu d'Histoire

C'est au XIXe siècle – sous l'influence du positivisme délirant d'Auguste Comte, du scientisme et du matérialisme – que fut exclu du domaine de la science tout ce qui n'est pas vérifiable par la méthode expérimentale (ce n'était pas la première fois : en 1666, le ministre Jean-Baptiste Colbert avait interdit l'enseignement de l'astrologie à l'Université… alors que ni lui ni personne n'y comprenait davantage et mieux que de nos jours, astronomes y compris) : on ne garda de cette catégorie que les manifestations évidentes, de celles qui étaient impossibles  à évacuer bien qu'elles ne fussent pas vérifiables ni même reproductibles par les scientifiques, telles les tornades, les éruptions volcaniques et autres tremblements de terre.

Les autres, en revanche, telles que notamment les faits de sorcellerie et de possessions dites démoniaques, furent massivement et complètement évacuées, ou remplacées par des 'concepts médicaux' passablement infamant pour les victimes : possession devint névrose obsessionnelle ou manifestation psychotique, ou encore schizophrénie ou psychopathie, etc., et on les tint une fois pour toutes pour des manifestations exclusivement dues aux errements de la psyché humaine… Malade était bien plus simple à gérer que possédé !

A un diabolisme en succédait ainsi un autre, pire que le précédent…

Sur ce modèle – bien pratique quand on n'en sait en vérité pas plus que le quidam moyen –, les soucoupes volantes devinrent Ovni, puis Moc, puis Pani, puis Pan, puis… se sont dissoutes dans les media, en plaisanteries vaseuses, en canulars, en images publicitaires et dans les séries télévisée débiles… Et le tour était joué ! Un de plus !

Le modèle était donc trouvé : revêtir l'ignorance – «  Cachez donc cette ignorance que je ne saurais voir ! » – de vêtements clinquants et sonores, hauts en couleurs et à la coupe extravagante, la donner aux oisifs mondains qui 'font' la mode (c'est à peu près tout ce qu'ils font), en parler abondamment dans les media, en faire discuter tout un chacun, et la chose retombe dans le mépris de ce que l'on connaît déjà… puisque on en parle à la télé…

Il suffit de regarder d'un plus près – et en dessous de – la psychanalyse pour s'apercevoir qu'il s'agît pourtant d'une fumisterie complète, qui – si on la jaugeait au rendement comme n'importe quelle entreprise médicale actuelle – afficherait, outre son mépris total pour l'individu, un échec permanent et indéfectible… Passons, il y a encore à faire !

L'expression "pseudo science" est ancienne : en 1864 déjà, James Reddie s'interroge en ces termes sur l'avenir de l'encore jeune anthropologie, résumant très finement la nature d'une vraie pseudo-science : « conformément à quelque hypothèse fausse, nous devons arriver seulement à construire une pseudoscience soignée, cela pourrait avoir, en effet, l'apparence d'un dehors de vérité, mais n'aurait rien de sa stabilité » (nous le citons textuellement, mais avec malice, car rien de ce texte ne suggère comme nous le faisons croire que l'anthropologie serait une pseudo-science, bien que cela ne soit pas encore démontré ; nous empruntons-là, et pour l'exemple, l'une des douteuses méthodes des scientistes).

En France, ce terme a semble-t-il été inauguré en 1985 par la revue de l'AFIS (Association française pour l'information scientifique), Science et pseudo-sciences, une excellent petite revue bien qu'idéologue en diable. Le magazine Sciences et Vie lui a emboîté le pas ipso facto, puis d'autres ici et là, et l'on a fustigé à tout va, parfois violement : on a même vu depuis naître un Observatoire des pseudo-sciences, évidemment animé par des pseudo-scientifiques vrais scientistes…

Il existe des dérivés de pseudo-science, dont le terme de « pseudo-médecine » par exemple, employé par Jean Brissonet en 2004 dans l'ouvrage Les pseudo-médecines : un serment d'hypocrites (quel sublime jeu de mot sur Hippocrate ; quelle drôlerie subtile et rare… On s'esclaffe et on en rit encore !)

Voici à présent pourquoi vous ne devrez jamais – vous, lecteur de Nouvelle planète, membres de l'Association Fédérative de Recherches Libres La Nouvelle Atlantide, ou simples sympathisants qui avez l'intuition que tout n'est pas tel qu'on vous en martèle des oreilles – avoir honte ou peur de frayer dans le secteur de ce que les pseudo-cartésiens, pseudo-scientifiques, pseudo-zététiciens mais vrais scientistes dogmatiques et autres inquisiteurs et gardiens patentés de la Science officielle, la seule valable parce qu'estampillée, appellent pseudo-sciences ou ésotérisme :

1/ la science ne se limite pas à ce qu'ils peuvent en concevoir, ni a fortiori l'Univers qui les a fait naître et où ils vivent… à ses dépends.

2/ les principes de liberté d'expression, tels que ceux imprimés au début de notre petite revue, ne sont pas l'apanage des seuls idiots incultes et retardataires… (suivez mes regards)

3/ les phénomènes qu'ils nient viendront tôt ou tard à l'étude de personne plus et mieux instruites qu'eux-mêmes (une évidence, si l'on en croit leur théorie délirante du progrès constant et de l'évolution sans termes), parce qu'ils leur survivront sans termes…

4/ s'ils ne sont pas capables de faire la nuance entre approche pragmatique – la bonne – et approche idéologique – la mauvaise –, c'est qu'ils sont irrécupérables, tant pour la science que pour le reste

5/ confondre aussi stupidement doute méthodique et suspicion systématique ne relève pas de la science mais de la sottise bornée …

6/ l'histoire de la science montre que la négation par principe n'est qu'un frein à la vraie science et à la vie sociale en général, un contresens vraiment anti-scientifique, et la marque d'une intelligence mal dirigée, voire mal construite…

Tout cela est peu dire au regard de ce qu'apportent les pseudo-sciences qu'ils méprisent, qui éclairent sans même en dire un seul mot, leur comportement délictueux… Régalez-vous, vous qui fûtes ou êtes en butte aux attaques de ces retardataires du savoir…

Prenez toutefois des précautions oratoires lorsque vous y êtes confrontés : Paul Feyerabend, philosophe des sciences, n'écrivit-il pas, dans l'introduction du chapitre 18 de Contre la méthode, que « la Science [est] la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses » ?

Pour nous y être souvent confrontés, nous le croyons volontiers…

Que l'on n'imagine pas que nous soyons contre la science et pour l'occulte, ce que l'en s'empresserait de nous faire dire si nous ne veillions pas au grain : nous ne prenons parti pour aucune de ces factions, que l'amour de la recherche et de la vérité devrait unir, car nous sommes éphectique et pragmatique, et bornons notre travail à simplement faire connaître le bon, le vrai, le juste, le beau et l'utile… que nous, nous recherchons activement, sans en attendre un salaire…

Et si nous pensons de l'ésotérisme qu'il est la vraie science, rien ni personne ne sera jamais obligé de nous croire ou de croire cela sur mon témoignage …

Mais peut-être notre point de vue personnel en cette matière intéressera-t-il quelques-uns de nos lecteurs ? Espérons-le !

Si nous avons attaqués avec tant de virulence les pseudo-scientifiques occupant sans cesse le terrain des media, le plus souvent avec perfidie et déshonneur, et que nous avons défendu les personnes occupées d'ésotérisme et de pseudo pseudo-sciences avec tant de chaleur, c'est parce que lesdits pseudo-scientifiques, outre empêcher la population de s'instruire mieux et plus et d'accéder partout où elle trouverait un gain à son existence, sont en train de tuer la Sagesse elle-même…

Expliquons-nous : nous croyons en effet qu'il est de la responsabilité des personnes cultivées et savantes, quelles qu'elles soient, d'aider à élaborer la synthèse qu'ils se refusent à envisager ; ce faisant, ils proposent un monde incompréhensible car atomisé en une myriade de connaissances éparses, incohérentes et donc inutiles à toute vision du monde…

Ainsi, plutôt que susciter la reconnaissance de ceux qui les écoutent, ils engendrent la méfiance, l'angoisse et la crainte, tout comme la rancœur et la résignation : ce monde n'aurait donc ni logique ni but ?

Et d'où proviennent alors cette méfiance et cette angoisse ?

De cette situation même ; comment croire en effet que la science – qui sert à comprendre l'Univers et dont le but est la connaissance à celui-ci incluse – possède une logique efficace et qui donne chaque jour des résultats tangibles, alors que l'Univers, lui, n'aurait ni logique, ni cohérence, ni but ? Comment admettre un tel paradoxe, une telle situation illogique ? Et comment, auquel cas, garder espoir ?

En suivant ce raisonnement totalement illogique des scientifiques, qui plus est refusant la composante majeure dudit Univers – le caché – comment faire éclore la Sagesse de celui-ci dans les cœurs et dans les cerveaux humains que la Nature créée assoiffés de vérité et de justice ?     

Il ne reste qu'une voie contre cette contradiction et ce dévoiement : étudier ce qu'Isaac Newton appelait la Prisca sapientia : la sagesse première, celle des Anciens, et lutter pour le Juste, le Vrai, le Beau et le Bon…

En se rappelant que tout autre combat est inutile…

L'année 2012 est importante pour les mathématiques, puisque l'on y célébrera deux centenaires ; celui de la disparition d'Henri Poincaré (1854-1912), mathématicien, physicien et philosophe français, et celui de la naissance d'Alan Turing (1912-1954), mathématicien anglais considéré comme l'un des pères fondateurs de la science informatique et des ordinateurs.

Jacques Grimault©pour La Nouvelle Atlantide

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